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Une vie plus habitable

il y a 6 heures
4 min de lecture
« Il n’y a pas de chemin vers la Vie,
Vivre est le chemin. »
Jean-Yves Leloup

Ces derniers mois, les contingences matérielles m’ont ramenée à une forme de dépouillement. Sans logement, sans voiture, sans lieu de travail, sans conjoint, sans enfant, sans chien, sans vision claire sur la suite. Une vie nomade ? Partir à l’étranger ? Que faire de toute cette liberté ? Tout a été envisagé.

 

Après de longues semaines à résister contre ce que la vie me proposait, j’ai fini par lâcher, arrêter de forcer. Je me suis ouverte encore un peu plus au jeu de la vie. J’ai joué comme jamais. Moi qui détestais l’été... celui-ci, je l’ai adoré.

M'en remettre à l’inconnu. Honorer mon besoin de mouvement, mon amour du lien. Je me suis laissée remplir par toutes ces personnes qui font partie de ma route, qui la soutiennent et l’enrichissent. J’ai célébré, nagé, grimpé, ri, pleuré, pagayé, rencontré, aimé.

J’ai laissé la vie me traverser, sans chercher à savoir constamment où elle me conduisait.

Pendant quelques semaines, le mode survie a simplement disparu. Plus qu’une respiration, une véritable bénédiction pour un système nerveux sous pression.

J’ai observé que j’avais moins besoin de routines, de contrôler pour me sentir en sécurité. Je pouvais plus facilement m’offrir à la vérité de l’instant, suivre l’élan du moment.

 

Et puis, un doux miracle.

Il s’est posé devant moi avec la légèreté d’une plume, sans bruit, sans fracas. On a beau le savoir, c’est toujours incroyable ce qui arrive lorsque nous cessons de vouloir.

Si l’on m’avait dit que je pourrais combiner besoin de solitude et partage du quotidien avec une personne à la fois si semblable et si complémentaire, que j’admire, qui m’inspire, auprès de qui je peux être imparfaitement moi.

Si l’on m’avait promis que je pourrais m’autoriser cette qualité de vie, cette entraide, cette faculté à faire équipe, ce respect du silence et de l’espace de l’autre, cette intelligence relationnelle... 

Si j’avais su qu’au bout de cet été m’attendraient tant de douceur, de beauté, d’harmonie, d’amitié, de partage… J’aurais probablement crié au mirage !

 

Aujourd’hui, je peux simplement en témoigner. Et mesurer le chemin parcouru.

J’ai compris que ce que je cherchais ce n’était pas une nouvelle maison, mais une nouvelle manière de vivre ma vie. Et lorsque je l’ai vécue au lieu de l'imaginer, la maison est apparue.

 

Alors en cet automne - qui reste de loin ma saison préférée, parce qu’elle rime avec intériorité - je suis émue devant ce constat : cette vie contre laquelle j’ai tant lutté est devenue, année après année, de plus en plus habitable. Là où je tenais des listes entières de critères pour me sentir en sécurité, je suis désormais bien étonnée, de me sentir chez moi dans de si nombreux endroits. Cela implique de laisser mourir la version de moi qui croit encore parfois que la vie est un combat. Non pas que tout soit désormais facile, ni que l’incertitude ait disparu. Car il reste un désir à incarner, une croissance à déployer.

 

Certaines personnes viennent à moi lorsqu'elles se sentent perdues. Je les accompagne dans leur processus de clarification, pour qu'elles puissent trouver elles-mêmes la clé de leur libération. J'éprouve une joie profonde à observer un visage s'illuminer, un regard changer, un esprit s'ouvrir à une compréhension nouvelle. À voir une idée faire son chemin, déplacer quelque chose, rendre soudain possible ce qui ne l'était pas quelques instants plus tôt. Je n'ai jamais rien souhaité garder pour moi. Et pourtant, l'automne me met également au contact de tout ce que je retiens encore. Tous ces enseignements, cette richesse ou sagesse qui me traversent et qui cherchent telle une source d'eau souterraine, un point de résurgence pour jaillir, s'exprimer, se transmettre.

Alors j’accueille cet élan aussi puissant que ce qui l’entrave encore et encore. 

 

C’est la vocation de cette saison : identifier et laisser partir… ce qui se glisse entre moi et ma joie. Entre mon intention et mon rayonnement. Les peurs qui me gouvernent sans que je le sache, les protections devenues trop étroites, les habitudes qui rassurent autant qu’elles empêchent de vivre.

Car nous pouvons comprendre beaucoup de choses sur nous-mêmes, avoir parcouru des milliers de kilomètres de chemin intérieur, et sentir malgré tout que quelque chose ne se traduit pas encore à l’extérieur.

 

Voilà le sens des propositions de l'automne : de nouveaux thèmes (On commence le 30 octobre avec Apprendre à mourir), de nouvelles expériences (Atelier À l'Encre de Soi), de nouvelles façons de se rencontrer et d'explorer. Elles s'adressent à celles et ceux qui ont soif de nourriture profonde, de connexion authentique. Qui aspirent à parler vrai, à aller au fond des choses sans se perdre dans la langue de bois ou le spirituo-blabla. Des espaces où l'on n'a pas besoin de faire semblant d'avoir compris, guéri ou dépassé quoi que ce soit. Où l'on peut venir avec ses contradictions, sa confusion, sa difficulté à être soi, son humanité tout entière.


Au plaisir de vous y retrouver !

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